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Lettre d’Eric
Fête de la Visitation de Marie, 31 may 2019
LETTRE DU RESPONSABLE GÉNÉRAL AUX FRÈRES DU MONDE
« L’avocat, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jn 14,26).
« Mais le consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jean 14:26).
Mes chaleureuses salutations de paix à vous, mes chers frères,
En toute humilité, je confesse personnellement pourquoi il m’a fallu si longtemps pour vous écrire cette lettre. Plusieurs fois, je me suis assis devant mon ordinateur sans savoir quoi et comment écrire. C’était comme une femme enceinte sur le point d’accoucher, mais dont le bassin est trop étroit pour le nouveau-né. Je me suis battu avec les mots mais mon plus grand combat était le cœur, avoir l’esprit et la disposition appropriés d’un frère. Beaucoup d’entre vous ne sont pour moi que des noms sans visages et histoires que nous partageons pour qualifier notre fraternité. J’avais besoin de temps pour m’enraciner dans le Père qui m’a invité à quitter le confort de ma patrie et m’envoie comme un frère missionnaire. J’avais besoin des moments de nudité en prière devant Jésus dont l’esprit de Nazareth nous invite, vous et moi, à cette grande aventure de mouvement de descente, en vivant simplement mais avec joie, dans l’ordinaire et dans l’obscurité, trouvant la dernière place, consumé par l’évangile des plus grands comme des plus petits, voyant Jésus dans le pauvre, l’apostolat de la bonté, ne pas régner mais servir, être pauvre en esprit pour l’amour du Royaume.
J’avais besoin d’espace pour être ravivé par la spiritualité, la vie et les intuitions de Frère Charles à travers les témoignages de frères et sœurs qui sont profondément ancrés dans la vie et la tradition de la Fraternité. La rencontre avec la famille spirituelle à Haïti en avril dernier, mes visites aux frères en Haïti, en République dominicaine et aux États-Unis et ma retraite dans un monastère de trappistes en Géorgie ont été d’une aide immense. (Ce sera l’objet de ma prochaine lettre). Jésus aussi avait besoin de cet espace dans mon cœur pour ma conversion, car même si je suis dans la fraternité depuis 30 ans et ai déjà vécu trois mois à Nazareth, il me reste encore des comportements malsains et immatures qui pourraient faire obstacle à ce ministère. Étant moi-même un projet inachevé, j’ai besoin de vos honnêtes commentaires et de vos conseils fraternels. S’il vous plaît, dites-les-moi et je les recevrai joyeusement comme un cadeau pour ma formation continue.
Comme vous le savez, avant que je sois élu responsable général, mon monde tournait autour de ma petite fraternité dans un petit village, sans télévision ni Internet, comme aumônier d’un petit monastère carmélite et directeur des études d’un petit collège séminaire, venant d’un petit diocèse aux Philippines. Mon univers était alors très petit, ma façon de vivre très rurale et l’idée d’écrire aux frères du monde entier est pour le moins écrasante. Je remercie l’Avocat de m’avoir permis d’écrire. Je prie pour que ces mêmes paroles ne l’empêchent pas de nous enseigner tout ce que Jésus veut nous faire connaître. Je vous remercie pour votre généreuse patience. Je suis très désolé pour ceux qui se sentent orphelins à cause de mon long silence. Dans mon silence, j’ai murmuré vos noms dans ma prière (grâce au répertoire), un jour à la fois.
Un autre regard sur l’Assemblée de Cebu et au-delà
Notre Assemblée de Cebu en janvier dernier fut en effet «une précieuse manifestation de l’Esprit de Pentecôte». Ma joie fraternelle et ma sincère gratitude à vous tous qui avez prié pour nous pendant que nous étions en Assemblée. À nos responsables continentaux et nationaux avec nos anciens responsables généraux, Mariano et Abraham, qui ont voyagé jusqu’à l’autre côté du monde simplement pour faire partie de l’assemblée, merci beaucoup. À l’équipe précédente – Aurelio, Jean François, Emmanuel, Mark et Mauricio – pour votre excellent travail de planification et votre labeur ardu avant et pendant l’assemblée, merci beaucoup. Nous ne pouvons que construire sur ce que vous avez généreusement réalisé. Merci en particulier à Aurelio pour l’héritage du projet du site Web iesuscaritas.org et à Jose Alberto Hernandis qui est très disposé à gérer notre site Web. Ma joie et ma gratitude aux membres de mon équipe, avec Tony Llanes comme mon co-responsable général, qui sont très disposés à servir. Puisque nous sommes au service de la fraternité internationale, je vous prie de bien vouloir nous écrire vos préoccupations, vos nouvelles, vos invitations, vos réactions, vos récits. Je les ai personnellement choisis pour représenter les quatre continents de manière à faciliter l’accès aux nouvelles et aux informations. Voici nos coordonnées:
Eric Lozada, ericlozada@yahoo.com – 63 9167939585;
Tony Llanes, stonyllanes@yahoo.com – 63 9183908488;
Fernando Tapia, ftapia@iglesia.cl – 56 988880397
Honoré Savadogo, sawono2002@yahoo.com – 226 70717642
Matthias Keil, Matthias.keil@graz-seckau.at – 43 67687426115.
Tout comme vous nous faites confiance, pouvons-nous aussi vous faire confiance pour nous aider à cet effet? Plus qu’une dynamique descendante, nous souhaitons davantage de dialogue, de transparence, de réciprocité, de retour d’information à nos différents niveaux de communication. Pour commencer, nous nous réunirons du 11 au 18 octobre en Corée du Sud et nous apprécierions tout de votre part que vous voudriez peut-être que nous prenions en compte et répondions : personnel, local, national, régional – Vous pouvez les transmettre à moi ou à votre représentant continental de l’équipe.
Frères, la lettre de Cebu n’est pas un document fini. C’est un travail en cours. Permettez-moi de vous inviter (et soyons unis pour cela) à en faire un sujet de relecture et de discussion personnelles et fraternelles. À Cebu, nous nous sommes engagés à être des prêtres diocésains missionnaires inspirés par le témoignage de Frère Charles. Nous avons contemplé les réalités de notre société, de notre Église et de nos fraternités à partir des différents continents et pays. Nous avons écouté l’appel de l’Esprit à devenir une Église dans les périphéries (grâce au leadership prophétique du Pape François). Et partant des appels que nous avons entendus, nous sommes fermement résolus à prendre des mesures concrètes et stratégiques pour le développement de notre société, de notre Église et de nos fraternités.
Dans votre relecture et votre discussion, je voudrais vous inviter à traiter le document comme un ami dont les paroles sont remplies de l’Esprit, transformatrices et prophétiques. La réalité de la violence, du terrorisme, de l’injustice, des trafics, d’une grave crise écologique, des migrations, d’une mondialisation de l’indifférence, du fondamentalisme, de la laïcisation (la liste est trop longue) est très complexe. Mais, presque immédiatement, nous avons tendance à observer cette réalité de l’extérieur. Cette attitude n’est pas très bénéfique. Nous devons être plus impliqués. Demandant à l’Esprit de nous donner du courage et de l’humilité, nous jetons un regard profond et aimant sur nos structures internes / sous-cultures – valeurs, mentalité, mode de vie, préjugés, attitudes, préférences, désirs – en tant que prêtres diocésains. Nous nommons les nombreuses manières subtiles par lesquelles nous avons pris part au problème. Nous partageons nos réalisations avec des frères de notre fraternité qui pourraient nous aider dans notre croissance. Peut-être que le plus beau cadeau que nous puissions offrir à notre monde d’aujourd’hui est de reconnaître que nous avons participé au problème. Espérons qu’avec des cœurs contrits et transformés, nous prendrons partie à la solution.
L’Esprit nous appelle à être une Église dans les périphéries. Demandons à l’Esprit le don du courage et de la confiance pour explorer ensemble les périphéries de notre âme – les parties de nous-mêmes rejetées, laides, méprisées, profondément enfouies, cachées, que nous devons exprimer, posséder, accepter, embrasser pour en guérir. Ici, nous avons besoin de l’intimité de notre fraternité pour pouvoir partager nos blessures les plus profondes sans être jugés. Au besoin, nous pouvons consulter un professionnel pour notre croissance continue et notre guérison. Ensuite, la prochaine fois que l’on va aux périphéries, on est différent. Nous sommes plus intérieurement des missionnaires libres et heureux. Ce qui est triste, c’est quand nous y allons avec nos blessures non soignées et ce qui n’est pas vrai de nous-mêmes. Nous sommes aveuges, nécessiteux, pleins de nous-mêmes et nous ne le savons même pas. Nous oublions l’agenda de Jésus et du Royaume. Comment un veugle peut-il conduire un autre aveugle? Je suis convaincu que le meilleur cadeau de mission que nous pouvons offrir au peuple de Dieu, particulièrement aux pauvres, est notre attention à notre tranformation permanente comme disicples missionnaires de Jésus.
Frères, à Cebu, nous avons vu comment tous nous luttons avec la journée de désert et la révision de vie. Nous devons considérer ce fait non pas comme une conclusion, mais comme un point de départ. La conclusion est assez évidente et nous devons être honnêtes à ce sujet. Cela signifie une qualité médiocre de nos réunions, de nos relations, de nos ministères et même de notre prière. C’est notre pauvreté et notre manque d’attention à l’essentiel. C’est aussi notre chemin vers la libération et l’intégrité si nous le voulons. Nous avons besoin d’une ferme détermination à nous engager dans un temps régulier et qualitatif de solitude dans le désert, où le divin thérapeute pourrait nous transformer et nous guérir. Notre révision de vie n’est pas un simple compte-rendu de nos vies et de nos ministères, aussi honnêtes que nous soyons. C’est plutôt un lieu de rencontre avec l’Esprit qui nous permet de voir nos vies comme Dieu nous voit. Notre partage fraternel est un véritable lieu de rencontre cœur à cœur. À travers la régularité de telles rencontres, nous grandissons ensemble comme frères-âmes – plus confiants, honnêtes, intimes, véridiques, moins critiques, prétentieux et défensifs, plus attentionnés et plus attachés à la croissance continue des uns des autres comme disciples bien-aimés de Jésus à Nazareth, inspirés par Frère Charles. Ce témoignage de fraternité est pour moi une bonne campagne vocationnelle.
Viens, Esprit Saint, viens
Permettez-moi de parler un peu de la prochaine fête de Pentecôte. Les Actes des Apôtres racontent : « Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer » (Ac 2, 1-4).
Avec tout le respect que je dois à nos experts en Bible, en particulier Emmanuel Asi, je vous invite à méditer ce texte avec moi. Il semble que le lieu de prédilection du Saint-Esprit est le moment où les personnes se rencontrent intentionnellement en communauté d’amis, de frères (y compris des sœurs) de croyants du Christ ressuscité. Au fond et à la différence d’une foule, une communauté, est la ferme résolution de chacun de ses membres à travailler sans cesse pour ce qui unit plutôt que ce qui divise, conscients que tout est don et qu’il n’y a qu’un seul donateur. Bien que nous luttions avec les différences (et tenez-vous bien, c’est toujours difficile), nous continuons de marcher et de tomber dans la Source qui nous unit. Chaque fois que nous prions: «Viens, Esprit Saint et renouvèle la face de la terre », nous prions ce que Jésus, le grand prêtre, a rêvé pour le monde : « Père, que tous soient un, comme toi et moi nous sommes un » (Jn 17, 21). Le Saint-Esprit qui donne la vie (comme nous le professons dans le Credo), anime infiniment, rend capable, transforme et rassemble toute la création pour en faire une image vivante de l’unité dans la Trinité tout comme au commencement. La terre entière, pas seulement le monde humain, comme l’appelle affectueusement le pape François, devient notre maison commune où la vie sous toutes ses formes est vénérée comme un don et une chose sacrée. Quand Paul enseigne à la communauté de Philippes de « tout mettre sous le Chris t» (2, 10), le Christ est le point de référence universel pour toutes choses et pas seulement pour les chrétiens. Être des hommes et des femmes de l’Esprit, c’est donc travailler toujours pour ce qui inclut plutôt que ce qui exclut, pour le dialogue, pour la fraternité universelle avec tout ce qui existe.
Le nom que Jésus donne à l’Esprit est l’Avocat. Jésus a promis l’avocat qui nous enseignera tout ce que nous devons savoir. En termes juridiques, l’avocat signifie un défenseur. L’Esprit est notre défense contre l’esprit du Malin opérant dans notre monde d’aujourd’hui, que ce soit dans les structures politiques et économiques, dans les relations interpersonnelles, familiales ou communautaires, même dans les sous-cultures à l’intérieur de l’Église et de la religion. C’est très rusé et trompeur, toujours déguisé en bien et même en licence pour faire le mal au nom de Dieu. Le texte nous dit que la venue de l’Esprit Invisible prend la forme visible de langues de feu reposant sur la tête de chacun des apôtres rassemblés. Nous prions pour que ce feu repose sur chacun de nous « pour transformer nos cœurs de pierre en cœurs de chair » et nous rendre davantage capables de discerner très bien où se trouve le mal par rapport au bien. Puisse le feu de la Vérité raviver nos cœurs avec une passion pour Jésus et le Royaume. L’autre image visible de l’Esprit Saint est un vent fort qui remplit toute la place des personnes rassemblées. Nous prions pour que ce vent fort renverse et transforme les cœurs et les institutions endurcis par l’indifférence, la violence, la haine, le ressentiment, l’exclusion qui ne fait que diviser la création de Dieu. Que l’Esprit qui est un vent fort élargisse les espaces de chaque cœur humain pour inclure les pauvres, les marginalisés et les étrangers dans la famille des enfants bien-aimés de Dieu. Puissent nos fraternités être des écoles de l’Esprit pour qu’inspirés par le frère Charles, nous devenions des disciples passionnés mais doux de Jésus à Nazareth dans notre monde fragmenté et violent.
Frère Charles, le Frère Universel
Enfin, une note sur Frère Charles. Au début de cette année, la petite sœur Kathleen de Jésus a publié un livre du même titre. Il contient les thèmes principaux et j’aime la façon dont il est écrit. Merci beaucoup, Kathleen. Comme vous le savez déjà, le Frère Charles – sa vie, son message, ses intuitions – devrait occuper une place importante dans notre formation permanente de prêtres diocésains. C’est ce qui nous caractérise. Plus nous le connaissons, plus nous connaissons Jésus, son Bien-aimé. Frère Charles n’est pas seulement une icône à vénérer. Il est un appel vivant, une personne tangible dans notre profond désir de suivre Jésus.
À propos de l’appel à être frère universel, le petit frère Antoine Chatelard soulignait : «Il s’agit avant tout d’être un frère, avant de penser à être universel ». Comme le dit sœur Kathleen, dans la vie de frère Charles, l’intuition d’être un frère universel s’est d’abord manifesté en octobre 1901 lorsque le frère Charles s’est installé à Béni Abbes. Grâce à la générosité de sa cousine Marie, il a pu acheter un lopin de terre stratégiquement situé à mi-chemin entre les villages fortifiés et la garnison française. Il construisit, avec l’aide de l’armée française, un petit monastère entouré de lignes de grosses pierres. Et c’est la clé. « Lui-même irait rarement au-delà, mais n’importe qui pouvait entrer. Il souhaitait être un frère universel dans un contexte de conflit impliquant de nombreuses parties adverses » (P.16).
Ce fut un moment de clairvoyance! L’appel à être frère universel est avant tout l’appel à être un frère. Chez Frère Charles, être frère, c’est se situer entre les deux (pas noir ou blanc mais gris) au milieu (pas la même chose que d’être au centre) de nombreuses parties adverses. Un frère est immergé, enraciné, au beau milieu de la réalité avec tous ses paradoxes, ses tensions et ses points de croisement complexes et il ne quitte jamais sa position. S’il s’en va et s’éloigne du milieu, il devient particulier. Quand il embrasse l’un, il exclut l’autre. Il n’est pas un gardien de clôture qui n’a pas de position concrète sur des questions sociales, politiques, économiques, culturelles ou même ecclésiales. Au contraire, il est enraciné sur ce qui se passe et il se tient au milieu de tout. Lorsqu’il opte pour les pauvres et les marginalisés, il inclut les riches.
Justement, ce n’est qu’en étant au milieu des choses qu’il peut embrasser toutes choses en tant que frère universel. Et c’est seulement à ce moment que, grâce à cette croissante clairvoyance, frère Charles a commencé à appeler sa maison non pas un ermitage (vivre selon une règle de vie monastique cloîtrée), mais une fraternité où toute personne pouvait venir et était bien reçu. Au plafond de sa fraternité il a peint l’image du Sacré-Cœur de Jésus dont les bras sont largement ouverts à quiconque y vient. Son ardente proximité avec le Cœur Sacré de Jésus le conduit à imiter Jésus Caritas, le Frère Universel par excellence dont il n’est qu’un humble témoin qui montre Jésus.
Frères, merci beaucoup pour avoir lu ma longue lettre avec une patience généreuse. Je continue de vous garder, vos fraternités et vos diocèses dans ma prière, un pays à la fois. S’il vous plaît priez pour moi aussi votre petit frère serviteur.
Avec mon étreinte fraternelle en Jésus Caritas,
Eric Lozada
MESSAGE DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS: La bonne politique est au service de la paix
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA
LIIe JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX
1er JANVIER 2019
1. ‘‘Paix à cette maison !’’
En envoyant ses disciples en mission, Jésus leur dit : « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘‘Paix à cette maison’’. S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra vers vous » (Lc 10, 5-6).
Offrir la paix est au cœur de la mission des disciples du Christ. Et cette offre est adressée à tous ceux qui, hommes et femmes, aspirent à la paix au milieu des drames et des violences de l’histoire humaine[1]. La ‘‘maison’’ dont parle Jésus, c’est chaque famille, chaque communauté, chaque pays, chaque continent, dans sa particularité et dans son histoire ; c’est avant tout chaque personne, sans distinctions ni discriminations. C’est aussi notre ‘‘maison commune’’ : la planète où Dieu nous a mis pour y vivre et dont nous sommes appelés à prendre soin avec sollicitude.
C’est donc également mon vœu au début de l’année nouvelle : ‘‘Paix à cette maison !’’.
2. Le défi de la bonne politique
La paix est comme l’espérance dont parle le poète Charles Péguy [2]; elle est comme une fleur fragile qui cherche à s’épanouir au milieu des pierres de la violence. Nous le savons : la recherche du pouvoir à tout prix porte à des abus et à des injustices. La politique est un moyen fondamental pour promouvoir la citoyenneté et les projets de l’homme, mais quand elle n’est pas vécue comme un service à la collectivité humaine par ceux qui l’exercent, elle peut devenir un instrument d’oppression, de marginalisation, voire de destruction.
« Si quelqu’un veut être le premier, dit Jésus, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35). Comme le soulignait saint Paul VI : « Prendre au sérieux la politique à ses divers niveaux – local, régional et mondial –, c’est affirmer le devoir de l’homme, de tout homme, de reconnître la réalité concrète et la valeur de la liberté de choix qui lui est offerte pour chercher à réaliser ensemble le bien de la cité, de la nation, de l’humanité »[3].
En effet, la fonction et la responsabilité politique constituent un défi permanent pour tous ceux qui reçoivent le mandat de servir leur pays, de protéger les habitants et de travailler pour asseoir les conditions d’un avenir digne et juste. Accomplie dans le respect fondamental de la vie, de la liberté et de la dignité des personnes, la politique peut devenir vraiment une forme éminente de charité.
3. Charité et vertus humaines pour une politique au service des droits humains et de la paix.
Le Pape Benoît XVI rappelait que « tout chrétien est appelé à vivre cette charité, selon sa vocation et selon ses possibilités d’influence au service de la pólis. […] L’engagement pour le bien commun, quand la charité l’anime, a une valeur supérieure à celle de l’engagement purement séculier et politique […] Quand elle est inspirée et animée par la charité, l’action de l’homme contribue à l’édification de cette cité de Dieu universelle vers laquelle avance l’histoire de la famille humaine »[4]. C’est un programme dans lequel peuvent se retrouver tous les politiciens, de n’importe quelle appartenance culturelle ou religieuse, qui souhaitent œuvrer ensemble pour le bien de la famille humaine, en pratiquant ces vertus humaines qui sous-tendent le bon agir politique : la justice, l’équité, le respect réciproque, la sincérité, l’honnêteté, la fidélité.
À ce sujet, méritent d’être rappelées les ‘‘béatitudes du politique’’, proposées par le Cardinal vietnamien François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, mort en 2002, qui a été un témoin fidèle de l’Évangile :
Heureux le politicien qui a une haute idée et une profonde conscience de son rôle.
Heureux le politicien dont la personne reflète la crédibilité.
Heureux le politicien qui travaille pour le bien commun et non pour son propre intérêt.
Heureux le politicien qui reste fidèlement cohérent.
Heureux le politicien qui réalise l’unité.
Heureux le politicien qui s’engage dans la réalisation d’un changement radical.
Heureux le politicien qui sait écouter.
Heureux le politicien qui n’a pas peur.[5]
Chaque renouvellement des fonctions électives, chaque échéance électorale, chaque étape de la vie publique constitue une occasion pour retourner à la source et aux repères qui inspirent la justice et le droit. Nous en sommes certains : la bonne politique est au service de la paix ; elle respecte et promeut les droits humains fondamentaux, qui sont aussi des devoirs réciproques, afin qu’entre les générations présentes et celles à venir se tisse un lien de confiance et de reconnaissance.
4. Les vices de la politique
À côté des vertus, malheureusement, ne manquent pas non plus dans la politique les vices, dus soit à une inaptitude personnelle soit à des déformations dans l’entourage et dans les institutions. Il est clair pour tous que les vices de la vie politique ôtent de la crédibilité aux systèmes dans lesquels elle s’exerce, ainsi qu’à l’autorité, aux décisions et à l’action des personnes qui s’y consacrent. Ces vices, qui affaiblissent l’idéal d’une authentique démocratie, sont la honte de la vie publique et mettent en danger la paix sociale : la corruption – sous ses multiples formes d’appropriation indue des biens publics ou d’instrumentalisation des personnes –, la négation du droit, le non-respect des règles communautaires, l’enrichissement illégal, la justification du pouvoir par la force ou par le prétexte arbitraire de la ‘‘raison d’État’’, la tendance à s’accrocher au pouvoir, la xénophobie et le racisme, le refus de prendre soin de la Terre, l’exploitation illimitée des ressources naturelles en raison du profit immédiat, le mépris de ceux qui ont été contraints à l’exil.
5. La bonne politique promeut la participation des jeunes et la confiance dans l’autre
Quand l’exercice du pouvoir politique vise uniquement à sauvegarder les intérêts de certains individus privilégiés, l’avenir est compromis et les jeunes peuvent être tentés par la méfiance, parce que condamnés à rester en marge de la société, sans possibilité de participer à un projet pour l’avenir. Quand, au contraire, la politique se traduit, concrètement, dans l’encouragement des jeunes talents et des vocations qui demandent à se réaliser, la paix se diffuse dans les consciences et sur les visages. Elle devient une confiance dynamique, qui veut dire ‘‘j’ai confiance en toi et je crois en toi’’, dans la possibilité de travailler ensemble pour le bien commun. La politique est pour la paix si elle se manifeste donc, dans la reconnaissance des charismes et des capacités de chaque personne. « Quoi de plus beau qu’une main tendue ? Elle a été voulue par Dieu pour offrir et recevoir. Dieu n’a pas voulu qu’elle tue (cf. Gn 4, 1sv) ou qu’elle fasse souffrir, mais qu’elle soigne et qu’elle aide à vivre. À côté du cœur et de l’intelligence, la main peut devenir, elle aussi, un instrument du dialogue »[6].
Chacun peut apporter sa pierre à la construction de la maison commune. La vie politique authentique, qui se fonde sur le droit et sur un dialogue loyal entre les personnes, se renouvelle avec la conviction que chaque femme, chaque homme et chaque génération portent en eux une promesse qui peut libérer de nouvelles énergies relationnelles, intellectuelles, culturelles et spirituelles. Une telle confiance n’est jamais facile à vivre, car les relations humaines sont complexes. En particulier, nous vivons ces temps-ci dans un climat de méfiance qui s’enracine dans la peur de l’autre ou de l’étranger, dans l’angoisse de perdre ses propres avantages, et qui se manifeste malheureusement aussi, au niveau politique, par des attitudes de fermeture ou des nationalismes qui remettent en cause cette fraternité dont notre monde globalisé a tant besoin. Aujourd’hui plus que jamais, nos sociétés ont besoin d’‘‘artisans de paix’’ qui puissent être des messagers et des témoins authentiques du Dieu Père, qui veut le bien et le bonheur de la famille humaine.
6. Non à la guerre et à la stratégie de la peur
Cent ans après la fin de la Première Guerre Mondiale, alors que nous nous souvenons des jeunes tombés durant ces combats et des populations civiles lacérées, aujourd’hui plus qu’hier nous connaissons la terrible leçon des guerres fratricides, à savoir que la paix ne peut jamais être réduite au seul équilibre des forces et de la peur. Maintenir l’autre sous la menace veut dire le réduire à l’état d’objet et en nier la dignité. C’est pourquoi nous réaffirmons que l’escalade en termes d’intimidation et la prolifération incontrôlée des armes sont contraires à la morale ainsi qu’à la recherche d’une vraie concorde. La terreur exercée sur les personnes les plus vulnérables contribue à l’exil d’entières populations en quête d’une terre de paix. Les discours politiques qui tendent à accuser les migrants de tous les maux et à priver les pauvres de l’espérance ne sont pas justifiables. Au contraire, il faut réaffirmer que la paix se fonde sur le respect de chaque personne, quelle que soit son histoire, sur le respect du droit et du bien commun, de la création qui nous a été confiée et de la richesse morale transmise par les générations passées.
Notre pensée va aussi, à titre particulier, aux enfants qui vivent dans les zones actuelles de conflit, et à tous ceux qui s’engagent afin que leurs vies et leurs droits soient protégés. Dans le monde, un enfant sur six est touché par la violence de la guerre ou par ses conséquences, quand il n’est pas enrôlé pour devenir lui-même soldat ou otage de groupes armés. Le témoignage de ceux qui œuvrent pour défendre la dignité et le respect des enfants n’en est que plus précieux pour l’avenir de l’humanité.
7. Un grand projet de paix
Nous célébrons ces jours-ci le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, adoptée au lendemain du deuxième conflit mondial. Souvenons-nous, à ce propos, de l’observation de saint Jean XXIII : « Maintenant, à mesure que l’homme devient conscient de ses droits, germe comme nécessairement en lui la conscience d’obligations correspondantes : ses propres droits, c’est avant tout comme autant d’expressions de sa dignité qu’il devra les faire valoir, et à tous les autres incombera l’obligation de reconnaître ces droits et de les respecter »[7].
La paix, en effet, est le fruit d’un grand projet politique qui se fonde sur la responsabilité réciproque et sur l’interdépendance des êtres humains. Mais elle est aussi un défi qui demande à être accueilli jour après jour. La paix est une conversion du cœur et de l’âme ; et il est facile de reconnaître trois dimensions indissociables de cette paix intérieure et communautaire :
– la paix avec soi-même, en refusant l’intransigeance, la colère et l’impatience et, comme le conseillait saint François de Sales, en exerçant ‘‘un peu de douceur avec soi-même’’, afin d’offrir ‘‘un peu de douceur aux autres’’ ;
– la paix avec l’autre : le proche, l’ami, l’étranger, le pauvre, le souffrant… ; en osant la rencontre et en écoutant le message qu’elle porte avec elle ;
– la paix avec la création, en redécouvrant la grandeur du don de Dieu et la part de responsabilité qui revient à chacun d’entre nous, en tant qu’habitant du monde, citoyen et acteur de l’avenir.
La politique de la paix, qui connaît bien les fragilités humaines et les assume, peut toujours se ressourcer dans l’esprit du Magnificat que Marie, Mère du Christ Sauveur et Reine de la Paix, chante au nom de tous les hommes : « Sa miséricorde s’étend d’en âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles […] ; il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais » (Lc 1, 50-55).
Du Vatican, le 8 décembre 2018
François
[1] Cf. Lc 2, 14 : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime ».
[2] Cf. Le Porche du mystère de la deuxième vertu, Paris 1986.
[3] Lett. ap. Octogesima adveniens (14 mai 1971), n. 46.
[4] Enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 7.
[5] Cf. Discours à l’exposition-colloque ‘‘Civitas’’ de Padoue, ‘’30 giorni’’, n. 5 de 2002.
[6] Benoît XVI, Discours aux Autorités du Bénin, 19 novembre 2011.
[7] Enc. Pacem in terris (11 avril 1963), n. 44.
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PDF: PF 1_1_2019 fr
Lettre d’Avent 2018, frère responsable
Chers frères,
en ce jour de la fête de notre frère Charles nous commençons l’Avent : ces quatre semaines sont un reflet de l’espérance de tous les hommes ; notre humanité , dans une crise permanente et principalement humanitaire, nous fait souffrir et notre Église ne peut dissimuler cette question, ni rester indifférente. Les célébrations avec nos communautés, la prière personnelle, la vie en fraternité en proximité avec ceux qui nous entourent ou avec ceux qui sont loin, tout
cela va rythmer notre marche ; l’Avent nous invite à écouter « la voix qui crie dans le désert », celle de ceux qui clament pour leur survie, leurs désirs de paix, de travail et de liberté ; l’humanité continue d’espérer une libération . Les pauvres qui attendent un salut, ceux qui sont menacés par la guerre, les déplacés cherchant un refuge …. ils sont des millions de personnes dans cette situation. Pour eux aussi Jésus vient et nous comme missionnaires nous devons l’annoncer.
L’Église vit un moment difficile avec la crise provoquée par la dénonciation des abus envers les mineurs, et le Pape François y fait front avec humilité et courage face à tous ; ceci est un témoignage d’une recherche de la vérité et le Pape aussi est témoin de la vérité.
Nous sommes en train de préparer notre assemblée mondiale de 2019. Nous sommes appelés à réfléchir sur notre identité de prêtres diocésains missionnaires à la lumière du charisme de Frère Charles. Il est nécessaire pour nous tous d’aider les responsables régionaux, de prier pour tous les frères, pour les fraternités qui commencent et pour celles qui vieillissent.
UNE HUMANITÉ EN CRISE
Tous les jours nous recevons de mauvaises nouvelles d’hommes, de femmes, d’enfants, de jeunes et d’ainés qui souffrent pour des causes qui ne sont pas toujours claires. Nous savons qu’elles dépendent souvent d’intérêts cachés de puissances économiques et de gouvernements qui dissimulent ces réalités. Même les pays du premier monde. Les victimes des guerres, de la violence, du narcotrafic, du sexisme et de la pauvreté crient dans ce désert où d’autres voix demandent justice. Voix qui se mélangent parfois à celles qui demandent vengeance, ou qui disent : « ils ne passeront pas, qu’ils retournent dans leur pays. » Nous aussi nous avons une voix , la voix de Jésus annoncée par les prophètes. Une voix qui doit naître de notre foi, de notre vocation missionnaire, dans le style de Nazareth qui est : être avec les gens de notre ville ou village, avec les plus humbles d’entre eux, car seuls les pauvres nous apprennent à être humble. Le frère Charles découvrit Jésus au milieu des gens simples : imitons le.
UN AVENT QUI NOUS INVITE À ÊTRE RÉCEPTIFS
Ce temps de l’avent est une invitation à écouter, à prendre du temps et dans une attitude comtemplative à être à l’écoute de la Parole, à adorer Dieu dans le silence et à écouter les frères : ceux de la fraternité, les prêtres diocésains que parfois nous avons tant de mal à écouter et à accepter, tant les préjugés tuent le dialogue et la rencontre ; écouter aussi les gens qui viennent à nous ou bien ceux qui travaillent avec nous dans la pastorale, dans le social, ou qui simplement sont nos voisins. Ouvrons la porte accueillons-les sans nous contenter de bons conseils ou de paroles faciles. Montrer notre pauvreté, notre incapacité à arranger « les machines cassées », les cœurs blessés, c’est laisser Dieu agir. Il est le seul indispensable, oui, il guérit. Jésus est attentif à tous et il nous invite à ouvrir notre cœur et à nous laisser innonder par l ‘amour de Dieu et l’amour des gens. Nous retrouverons la joie de suivre Jésus et aiderons beaucoup de gens à transformer leur échec en triomphe et à s’aimer eux mêmes un peu plus.
UNE ÉGLISE QUI SOUFFRE
Nous souffrons des consèquences des abus envers des mineurs dissimulés dans beaucoup de diocèses du monde. L’Église perd en crédibilité….Nous pourrions dire que cela à toujours été ainsi, que cela est inévitable…Mais nous ne serions pas fidèles à la vérité. Cette crise est loin d’être terminée. Notre Pape François souffre beaucoup et affronte la situation en demandant pardon au nom des coupables, écoutant, cherchant une solution équitable pour les victimes ;en cela notre Pape mérite tout notre appui. Restons en communion avec lui, sachant qu’il a des ennemis dans sa propre Église, mais aussi le soutien de beaucoup de gens (croyants ou non) qui voient en lui un prophète de notre temps, un homme cohérent qui bien que « chef d’état » est un homme sensible aux souffrances de l’humanité. Je suis sûr que de cette crise, résultera quelque chose de bon. Par notre prière entrons en fraternité avec lui.
LE 1er DÉCEMBRE
Il y a 102 ans Charles de FOUCAULD s’est remis définitivement dans les mains du Père. C’est un jour pour remercier Dieu pour lui, pour ce qu’il nous a transmis comme intuitions, pour la mission qu’il a réalisée, pour ses rêves un peu fous ; Le frère Charles nous a aidés dans notre vocation et notre spiritualité, à vivre l’amitié avec Jésus et avec les gens dans le petit Nazareth que chacun vit, avec son âge et envie de vivre, dans le silence et dans le témoignage. C’est un cadeau de Dieu qui mérite continuellement notre action de grâce. Mettons dans notre adoration de ce jour tout ce que nous a légué le frère Charles , pas tant par ses écrits spirituels que par son témoignage de vie, d’amour, d’abandon, de confiance et de générosité. Redisons la prière d’abandon même si nous avons du mal à la faire totalement nôtre.
NOTRE ASSEMBLÉE MONDIALE
Du 15 au 30 janvier 2019 aura lieu notre assemblée à Cébu aux Philippines. Le thème central est d’approfondir notre être de prêtre diocésain missionnaire à la lumière du charisme de frère Charles ; Tout ce qui concerne l’assemblée est mentionné sur le site : iesuscaritas.org
A la barre verte de la page d’accueil on trouve le questionnaire de préparation, le programme de l’assemblée, la feuille d’inscription… Pour l’instant nous avons reçu peu d’inscription et seulement un continent (Amérique) a présenté les réponses au questionnaire, ainsi que certaines fraternités régionales. Dès maintenant assumons ce travail. Courage ! Je sais que beaucoup sont très occupés, mais faisons un effort. Avec joie je reçois vos envois.
A l’assemblée viendront tous les responsables régionaux ou délégués, les anciens responsables internationaux et les responsables continentaux. Certains frères ont du mal à payer leur voyage ; la fraternité mondiale s’en charge dans la mesure du possible, mais pour l’instant c’est difficile de répondre à tous ces besoins. Certaines fraternités d’Europe et d’Amérique ont répondu en payant le billet d’un frère d’Afrique ou d’Amérique…Merci. Je vous demande d’aider les frères de Haïti, Burkina Faso, Centrafrique, Tchad, Congo, Cameroun, Madagascar, Pakistan, Inde et Bengladesh qui n’ont pas encore leur billet d’avion. C’est un effort important pour le succés de notre assemblée. Nous élirons notre prochain responsable international et son équipe qui, je suis sûr, nous aiderons à faire fraternité à partir de nos réalités et de nos rêves.
EN MARCHE VERS NÖEL
Nous chercherons à donner la meilleure place de notre vie à celui qui arrive pour rester. Les anges ont annoncé aux bergers la bonne nouvelle et nous annoncent beaucoup de joies. Il y a des anges qui nous appelent à la porte ou par téléphone ou dans la rue et qui nous disent parfois sans le savoir, que Dieu est proche de nous. Il y a des visages qui nous font voir Jésus à l’hôpital, en prison, dans les lieux d’accueil de réfugiés. Anges dans la personne des malades ou des anciens qui ont beaucoup donné pour l’Église, pour la fraternité, pour les pauvres. Visages de personnes anonymes qui font le bien sans rien attendre en retour. Les anges, des gens simples dans nos paroisses, qui nous aident dans la pastorale ou par leur présence dans nos célébrations, ou qui nous offre le meilleur d’eux-mêmes par leur proximité et amitié. Ce sont des anges sans ailes, dont la voix résonne.
Avec cette espérance d’un monde meilleur, d’une Église libérée des tristesses du passé, d’une fraternité de frères au service du royaume, d’un monde renouvelé par des efforts de paix et d’égalité, je vous souhaite un Noël rempli de Dieu et de Jésus, notre frère et ami. Un grand abrazo.
Aurelio SANZ BAEZA, frère responsable
Perín, Carthagène, Murcia, Espagne, 1 décembre 2018,
fête du bienheureux Charles de FOUCAULD
(Merci bien, Jean-Louis RATTIER, par la traduction au français)
Lettre aux amis de Québec. Jean-Pierre LANGLOIS
Je conclus pratiquement ce soir un beau marathon. J’ai eu le bonheur d’accompagner 2 groupes de visiteurs-amis du Québec depuis le début septembre jusqu’à maintenant. Je n’ai pas vu le temps passer.
L’expérience nous aura tous enrichis, c’est certain. J’ai découvert à travers les yeux curieux et souvent émerveillés de mes compagnons de voyage ce pays de l’Algérie dans lequel je vis mon ministère depuis déjà 2 ans. Bien sûr, il y avait Tamanrasset où j’habite et l’Assekrem, ce chaos minéral d’une grande splendeur, encore plus spectaculaire parce qu’il s’est montré fleuri cette fois-ci, mais aussi Alger la blanche capitale et pour certains Oran où se vivra la béatification des 19 martyrs assassinés dans les années ‘90 sur place.
Lire tout le document (PDF) : 29. Lettre ouverte à mes amis du Québec.18
(English) Asian Month of Nazareth: Letter from Baguio
Lettre à la Famille Charles de Foucauld – 15 septembre 2018
D’emblée, nous avouons notre perplexité : à qui exactement adressons-nous cette lettre ?
Qu’est-ce que « la Famille spirituelle Charles de Foucauld » ?
Ce n’est pas sa famille de sang. Celle-ci doit être à sa place ; elle n’a pas à être exaltée comme l’a fait un récent biographe. Nous suivons une présentation qu’en a donnée l’historien J.-F. Six :
« Edouard de Foucauld, le père de Charles, a une sœur unique, Marie ; laquelle aura deux filles, dont l’une seulement, Marie, devenue Madame de Bondy, aura des enfants.
Edouard aura, lui, deux enfants : Charles et Marie ; celle-ci deviendra Marie de Blic et aura des enfants. On a ainsi deux branches dans la famille de sang de Foucauld :
– celle de sa sœur Marie, traditionnelle, pieuse, de nature angoissée (dans ses lettres, assez banales, Charles la rassure souvent et évite de lui dire ses problèmes). Marie a, dans sa descendance, de nombreux prêtres, religieux, religieuses.
– celle de sa cousine Marie de Bondy, forte personnalité, insérée dans le monde, polyglotte, que Charles va adopter comme seconde mère de sang (« votre vieux fils aîné », lui signe-t-il sa dernière lettre, le jour de sa mort) et qui sera pour lui sa vraie mère spirituelle (il lui écrira 700 lettres profondes où il lui dit toute son âme et ce qu’il vit en vérité). Pour la situation sociale de la famille : les 3 « Marie », sa tante, sa cousine et sa sœur sont mariées à de grands banquiers ».
Voilà pour la postérité de sang.
Autre chose est une postérité d’esprit telle qu’en ont de grands penseurs, des hommes politiques, des savants ; telle qu’en ont aussi des fondateurs religieux ou des mystiques.
Foucauld est dans ce dernier cas : il a eu, il a une « famille spirituelle » ; en ce sens-là, quelques-uns, une cinquantaine de frères et sœurs qui le rejoignent de son vivant, prêtres, religieux, laïcs, qui se sont reconnus dans sa « confrérie », l’UNION ; et particulièrement l’un d’entre eux, un laïc, Louis Massignon ; celui-ci, n’a pas vu en Foucauld un « père » mais un « frère aîné » ; Foucauld parle des membres de son UNION comme des « frères et sœurs de Jésus », les siens.
Alors, votre nom : « Famille spirituelle Charles de Foucauld » ? Si nous avons bien compris, c’est tout autre chose ; vous avez été créés en 1955, près de 40 ans après sa mort ; votre « famille » est issue de deux congrégations, les P.F. et les P.S. de Jésus, fondées dans les années trente, par un initiateur, le père René Voillaume, qui s’est « reporté » au Foucauld d’avant son ordination, d’avant son départ au Sahara (1901). Plus précisément, il s’est référé à une Règle eremitico-monastique inapplicable que Foucauld a écrite en 1899 (et qu’il a ensuite abandonnée) ; Règle 1899 que R. Voillaume a adaptée et modulée à sa façon, tout en se réclamant de Foucauld, alors même qu’il laissait de côté l’évolution missionnaire décisive de celui-ci dans ses années sahariennes (1901-1916).
Toujours est-il que R. Voillaume, après avoir publié en 1948 une relation de ses fondations Les Fraternités du Père de Foucauld et un livre de spiritualité retentissant Au cœur des masses, en 1950, a voulu rassembler, autour des P.F. et P.S. de Jésus, une sorte de tiers-ordre composé de divers groupes de chrétiens, prêtres séculiers, laïcs, consacrés, qui se référaient à une spiritualité dite de « Nazareth », qu’il avait développée dans ses deux livres. Si nous sommes bien renseignés, c’est ainsi que s’est constituée en 1955, sur proposition de R. Voillaume l’« Association Charles de Jésus, Père de Foucauld » qui va, peu à peu, au fil des années, s’agréger d’autres congrégations et associations ecclésiastiques, toutes appelées « Fraternités », se réclamant de cette même spiritualité du père Voillaume ; l’ensemble se compose aujourd’hui de 19 groupes et s’appelle désormais, depuis 2003, « Famille spirituelle Charles de Foucauld ».
C’est donc à celle-ci que nous nous adressons aujourd’hui. Dans nos recherches au sujet de Foucauld, nous nous sommes aperçus que, dans l’Eglise, cette Famille semble se présenter comme la seule héritière, la seule vraie postérité du père de Foucauld ; et qu’elle y est d’ailleurs vue comme telle (Rome a organisé, il y a 2 ans, un « Synode sur la famille » ; voulant y évoquer la vie de la « sainte famille de Nazareth ». Rome a invité à ce synode un membre de la Famille spirituelle Charles de Foucauld, le prieur des P.F. de Jésus, comme étant le représentant unique de la descendance de Foucauld.)
Continuer …. Vous pouvez lire le document dans le lien suivant (PDF) : Lettre de LACF à la Famille spirituelle CdF
(English) Newsletter summer 2018. Fraternities United Estates
Lettre à Gianantonio, 28 août 2018
Cher frère,
ce matin tu as célébré ta Pâque et le Seigneur t’a accueilli dans ses bras comme un fils très aimé. Nous avons beaucoup prié pour toi, et notre supplication n’a pas été en vain. Tu es dans le meilleur endroit des bienheureux, tu, qui durant 57 jours t’a retiré la liberté dans la séquestration au Cameroun, toi, que tu n’as pas perdu l’espérance dans cette année de maladie, tu as donné à tous des témoignages de paix et de confiance. « Avec une confiance infinie… » Tu, que tu as fait vie la Prière d’Abandon, comme Charles de FOUCAULD a fait. Tu, le frère voulu par toutes les personnes que tu as servi, traité, travaillées … j’ai à te remercier par le témoignage si précieux de ta vie, où tu ne t’es pas rendu et tu n’as pas laissé aux autres la mission que le Seigneur t’a eu confiance.
Ton adieu me fait mal beaucoup, mais je sais qu’il est temporel. Nous nous trouverons dans la fraternité des enfants de Dieu et voilà que nous rappellerons la campagne de prière dans une chaîne dans tout le monde par ta liberté étant séquestré avec Gilberte, à qui j’ai eu la grande joie de visiter à Montréal, et il m’a appris les objets qu’elle avait durant la séquestration, et Giampaolo, ton compagnon missionnaire au Cameroun. Je rappelle avec joie la nouvelle de votre libération. Les campagnes de beaucoup d’églises ont sonné en Espagne, en Italie, dans tant de lieux, dans la Pâque de 2014. Ta séquestration nous a motivé à contempler le manque de liberté dans l’humanité, dans les peuples oppressés, dans les plus pauvres pauvres, la botte du puissant qui aplatit l’humble, la manipulation des vies d’être
s humains par des intérêts commerciaux et du pouvoir qui ne donne pas le visage, seulement à travers de ses porteurs de la hache de guerre … Mais l’être humain et ses droits, comme tant de fois revient le pape François, est au-dessus de toute idéologie.
Ta fraternité italienne, ta famille, ta diocèse de Vicenza, tes amis au Cameroun, vont te manquer, et tous les frères de la fraternité sacerdotale nous t’aurons pour le référant de missionnaire engagé, vaillant, l’homme de Dieu qui laisse une trace pour nous encourager à continuer de travailler par le Royaume et sa justice. Giampaolo, ton compagnon de mission au Cameroun, continuera de semer la graine de ce Royaume qui croît depuis le petit et insignifiant dans notre monde.
J’ai eu la grande joie de te connaître personellement dans Castelfranco, l’Italie, en 2015, et dans Rudy, la Pologne, l’été passé, en partageant avec toi l’assemblée européenne de la fraternité. Quelque chose me disait que tu devais soigner ta santé, et je te l’ai exprimé. À travers de ces derniers mois nous nous avons communiqué et j’ai suivi ta santé avec préoccupation. Aujourd’hui je donne grâce au Seigneur par ta vie, par comment tu surpassais les preuves avec ta qualité humaine qui m’apprend à évaluer le négatif de la vie, en sachant que si le grain de blé ne meurt pas, il ne donne pas de fruit. Comme le frère Charles, tu as donné tout pour les plus défavorisés, et cela me remplit de joie, malgré la douleur de la séparation. De tout ce que nous considérons douloureux, je suis sûr qui surgit quelque chose nouvelle, inespérée, positive et bonne à nous et pour les autres. Merci pour m’apprendre à avoir de la patience et du paix.
Prie toi par nous devant Dieu, qu’aujourd’hui il te comble de grâce et d’amour.
Nous te éveillerons toujours.
Aurelio SANZ BAEZA, fraternité sacerdotale Iesus Caritas,
frère responsable
Perín, Carthagène, Murcia, Espagne, 28 de août 2018, martyre de Saint Jean Baptiste
Notice biographique:
Gianantonio ALLEGRI, frère de la fraternité sacerdotale Iesus Caritas. Il naît en 1957 dans Pievebelcino (Vicenza, l’Italie) Prêtre en 1982. Vicaire dans quelques paroisses du Vicentino. De 1991 à 2001 il a travaillé comme fidei donum, missionnaire au Cameroun. Il est revenu pour le ministère de curé dans Magré di Schio jusqu’à 2013. Il tourne au Cameroun et est séquestré par Boko Haram durant 57 jours, avec ses compagnons, la soeur Gilberte BOUSSIÈRE, du Québec, et Giampaolo MARTA, de la même diocèse de Vicenza. Après sa libération il revient à la diocèse et il a été le curé de Santa Maria Bertilla de Vicenza.
Dans le matin d’aujourd’hui il est arrivé aux bras du Père après avoir lutté contre le cancer pendant un an.
(J’espère, Gianantonio, que tu pardonnes mon français d’étudiant. Tu le parles beaucoup mieux que moi)
Lettre AFS de Bruxelles
Chers frères et sœurs de l’Association
Pour la troisième rencontre préparatoire nous, Armelle, Rita, Josep et Marianne, nous sommes réunis à Bruxelles. De nouveau les Petits Frères de l’Évangile nous ont chaleureusement mis leur maison à notre disposition.
Comme vous savez déjà en avril Armelle et Marianne étaient en Haïti où nous avons pu
avancer dans la préparation de la prochaine rencontre de l’Association Famille Spirituelle Charles de Foucauld. Voici déjà quelques détails: Lettre AFS de Bruxelles (PDF)